Odessa…

Après 4 jours passés chez Nils et Lena dans leur jardin, à l’ombre des abricotiers, les cheveux au gré du vent, après avoir reposé nos jambes de notre journée record et après avoir visité la ville d’Odessa nous avons pris le bateau, avons traversé la mer noire cap au sud, voici les photos :

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Ukraine

Après deux nuits passées au près de Darek et Magdalena, nous nous sommes remis en route. Cette partie de la Pologne est assez déserte, nous nous rapprochions de la frontière et on pouvait déjà sentir la différence.

Nous avons passé la première nuit dans un champs puis la seconde le long de la rivière qui sert en partie de frontière. Cette rivière fait environ Trente mètres de large, on s’y est baigné, on aurai pu passer en Ukraine à la nage.

C’est le lendemain que nous y sommes enfin arrivé. Les douaniers ont pris leur voix la plus grave pour nous dire « Da ». Ca nous a jeté un léger froid, ici apparemment ça ne rigole pas. Après un long examen du visage de Paul dont la barbe cachait quelques traits, nous sommes entrés en territoire Ukrainien.

Nous avons trouvé une grande « autoroute », un peu effrayé de devoir y circuler, nous avons tenté un chemin de traverse… C’était peine perdue, le chemin de terre miné de bosses et de trous prenait la direction de la Pologne. Plutôt que de se lancer à l’aveuglette nous sommes retournés sur nos pas et avons acheté une carte dans une station, le GPS montrant quelques difficultés avec la cartographie Ukrainienne. Le pompiste nous a tracé la route jusqu’à Odessa, la fameuse « autoroute » était donc la bonne route à suivre…

Nous sommes arrivé dans la première ville, nous avions besoin de retirer de la monnaie locale, le Grivmas. La ville de Kovel n’a aucun charme et les rues sont difficiles à pratiquer. Nous en sortons et commençons à chercher un endroit pour dormir. Nous trouvons une rivière, un petit coin d’herbe charmant, il y a des pêcheurs et des gens qui se baignent, nous y installons notre campement. Environ trente minutes après, un monsieur en slip commence à lever les bras en nous voyant, il nous dit quelque chose mais c’est bien difficile à comprendre. Il nous fait signe de le suivre, je (Marie-Lise) comprends alors que nous sommes sur ses terres et qu’il n’aime pas les Russes. Après lui avoir bien dit qu’on était Français, il m’emmène dans son jardin où se trouve une cabane en bois, il y a trois pièces, la première avec une table, des bancs, une télé, une bouilloire, un peu de vaisselle, la deuxième avec une douche et un tas de bois et la dernière est un sauna alimenté par un four dont l’entrée est dans le pièce de douche. La chaleur qui règne dans cette cabane est étouffante. Iwan, c’est le prénom de ce monsieur, m’explique alors en Ukrainien et en signes qu’on peut dormir ici, que c’est beaucoup plus prudent que dehors. Nous avons déménagé notre campement puis avons regardé un film relatant l’histoire d’un couple pendant la guerre avec les Allemands. Quand nous avons éteint la lumière, nous avons été surpris par des bruits dans la cabane et en rallumant nous avons trouvé de la compagnie, une ou deux petites souris cherchaient à manger dans nos affaires…

Le lendemain, nous saluons ce gentil Iwan et nous repartons en direction de Rivne, nous nous arrêtons un peu avant dans le village de Klevan après 142 kms. Comme nous ne savions pas où dormir, nous avons demandé à poser la tente sur l’herbe d’un motel. Ca ne leur à pas posé de problème et non seulement ils nous ont accepté gratuitement mais ils nous ont aussi permis de prendre une douche et nous ont offert deux bières ainsi qu’un repas.

Après ces deux expériences nous commencions à prendre confiance et nous repensions aux gens qui nous avait dit que l’Ukraine était l’un des pays les plus dangereux au monde, la dame qui nous avait dit ça n’y avait jamais été mais avait « entendu dire ».

Ca faisait environ 400 kms que nous roulions avec le pneu arrière décolé, ou plutôt coupé en deux partie.

Le trou s’agrandissait, nous avions dégonflé un peu la chambre à air pour ralentir l’étendue des dégâts, mais c’était difficile de rouler comme ça alors à Rivne nous avons cherché un magasin de vélo que nous n’aurions jamais trouvé sans l’aide d’un cycliste qui nous y a emmené. Nous avons acheté un nouveau pneu, ce n’est pas le même, il est plus étroit, ce qui n’est pas forcément plus mal. Paul a fait faire un tour au gérant du magasin et à un client curieux de cet engin…

Comme il était tard nous avons décidé de nous installer pour la nuit, nous avions vu sur le site « euro-camping » qu’il y avait un camping dans le sud de la ville. Nous voulions nous y rendre malgré qu’il ne soit pas sur notre route. Mais la seule chose que nous ayons trouvé est un Motel pour routier dont le signe « camping » était dessiné sur le mur. Nous demandons, on nous explique que c’est réservé aux routiers mais finalement après une courte discussion ils nous montrent un endroit. Un terrain vague avec de grandes tiges d’herbe, d’ancien camions militaires, des tractopels et des tas de vieux pneux empilés, charmant, tant pis, on y reste au moins nous avons le temps de changer notre pneu.

Après une nuit bercée par le Ron-ron des camions, nous repartons, la route est bonne et avec notre nouveau pneu nous avançons bien.

Que les gens sont chaleureux, la fameuse « barrière » de la langue ne leur fait pas peur, ils viennent nous voir, nous demande d’où on vient et c’est toujours un moment bien agréable à passer entre les éclats de rire qu’apporte l’incompréhension ou encore la joie quand enfin on comprend!

Nous nous abritons dans une aubette de bus pour laisser passer une averse, deux paysans en charrette à cheval s’arrêtent aussi, au début un peu rustres, ils ont fini par s’intéresser à Pino et à nous poser plein de questions, muni de nos cartes nous leur avons expliqué notre voyage et quand nous avons repris la route, l’averse était terminée depuis bien longtemps.

Cette nuit là, nous l’avons passée sur l’herbe d’une station service.

Tous les jours nous nous levons en se demandant où nous allons dormir la nuit suivante.

Il y a des vendeurs le long des routes, on peut acheter des fruits, des légumes, de l’huile de tournesol, du miel, des œufs, du lait et le tout vient directement du jardin des vendeurs. Nous n’achetons ni œufs, ni lait, en plein soleil, nous craignons un peu la qualité des produits. Mais les légumes! Nous nous sommes arrêté devant une petite maison, il y avait un stand, le chien ayant averti de notre présence, une toute petite grand-mère a courrue vers nous en clopinant. Nous lui avons acheté trois gousses d’ail, un kg de tomates et au moins deux kg de cornichons frais, elle nous a demandé deux euros, enfin vingt Grivmas. Quand nous sommes partis elle s’est intéressée au vélo et nous a envoyé un baiser avec sa main.Une autre fois nous avons acheté deux kg de tomates pour un euros, sachant que la tomate est à tous nos repas en ce moment, y compris le petit déjeuné, nous nous faisons plaisir. Nous avons passé la nuit dans le jardin d’un petit bar de village où nous avons vu trois clients et un chien errant…

En parlant des chiens errants, il y en a partout, à chaque fois que nous nous arrêtons quelque part, il en sort d’on ne sait où! Du coup, plutôt que de leur donner de notre repas, nous avons acheté un petit paquet de croquettes. Ils sont beaux et pas du tout agressifs, en revanche il y en a tellement que nombre d’entre eux finissent en crêpe sur la route…

Le lendemain nous avons fait 140 kms et sommes passé par la ville de Venezia qui a beaucoup plus de charme que les premières entièrement soviétiques. A Venezia c’est mélangé, on trouve une architecture XIXe côtoyant des tours Moyen-âgeuses, des statues soviétiques et une fontaine spectacle moderne composée de jets d’eau s’élevant au rythme de la musique classique.

Nous avons fait 10 kms sur une autre route que la notre en sortant de Venezia parcequ’ euro-camping indiquait un camping encore une fois…rien…Nous avons dormi à l’arrière d’un restaurant, près des poubelles, mais la patronne adorable voulait nous servir un repas, nous avions déjà commencé à manger alors elle nous a donné du pain.

Le lendemain nous avons trouvé une route plus montagneuse et surtout pleine de trous. Nous étions obligé de freiner dans les descentes pour ne pas abimer Pino. Mais les paysages étant de plus en plus beaux nous avions quand même du plaisir jusqu’à ce qu’un orage arrive derrière nous. Le vent s’est levé, puissant, nous roulions avec plus de peine quand nous avons entendu un craquement de l’autre côté de la route, loin de se douter nous avons continué tranquillement et trente seconde après un craquement plus fort et plus sourd à retenti derrière nous, un arbre venait de se coucher sur la route… Sans perdre de temps nous sommes partis nous abriter dans une aubette de bus, l’orage à duré longtemps et n’est pas passé bien loin de nous, presque tous les éclairs semblaient toucher le sols avec un bruit de fracas déchirant. Nous nous sommes blottis dans une coin en attendant… Quand l’orage s’est éloigné, voyant l’état du ciel à venir et encore un peu tremblante je n’ai pas voulu faire de camping sauvage dans ces montagnes alors pour la première fois du voyage nous avons décidé de nous payer un hôtel. Nous avons trouvé un Motel avec internet, nous étions content nous allions nous laver et profiter de la soirée à l’abris. C’st après les négociations que nous avons appris que l’orage était tombé non loin coupant électricité, internet, douche… Bref l’orage ayant encore grondé pendant la nuit, nous étions heureux d’être à l’abris. La patronne tellement heureuse de voir des français nous a offert un énorme bout de lard et un grand saucisson que nous avons refusé en expliquant, elle a compris sans s’étonner et nous a ramené des tomates!

La route était encore bien difficile dans ces collines mais nous sommes arrivés à Uman où nous avons découvert un parc national immense le Sofievka, quelque chose comme ça, une rivière et un nombre incroyable de saules pleureurs dont les branches caressent la surface de l’eau.

Nous avons roulé encore une vingtaine de km et avons trouvé une station service en construction. Nous pensions mettre la toile de tente à côté mais le vigile est venu à nous et quand il a su qu’on voulait dormir, il nous a montré une cabane de chantier dans laquelle on pouvait s’installer pour la nuit, nous avons alors passé une partie de la soirée avec Koestian, lui posant des questions sur son gouvernement, sa famille, sa vie, nous avons appris que le salaire moyen est entre 200 et 300 euros par mois, quand on voit que le prix de l’essence est presque aussi élevé qu’en France on se demande comment ils font. Il nous semble que l’économie Ukrainienne ressemble beaucoup à celle de la Lituanie ou de la Lettonie.

Le lendemain nous nous sommes réveillé sous le regard un peu étonné des ouvriers. Nous commencions une journée records…

Les vallées étaient de plus en plus hautes, ce n’était qu’un enchainement de descentes et de montées, deux km sans pédaler avec un nouveau record à 70 km/h et deux km à pédaler à 8 km/h en plein soleil sous 45°C.

Mais la route était bonne sans trous ni bosses, nous avons alors roulé 210 km et nous commencions a chercher un coin pour la nuit quand un couple de motards nous a arrêté sur le bord de la route nous demandant si on avait besoin de quelque chose et nous invitant à dormir chez eux, quelle joie!

Bien qu’un peu hésitants quant à la distance restante à parcourir, nous étions encore à 40 km de chez eux. Enfin nous y sommes arrivés après ce deuxième record de la journée, 250 km avec notre chargement.

Nous sommes arrivés avec la nuit chez eux et nous avons un peu galéré dans les chemins de terre mais aujourd’hui nous découvrons, Nils et Liana sont partis à Odessa pour la journée, nous profitons de leur jardin pour nous reposer à l’ombre des abricotiers, bercés par le vent constant. Nous prenons l’eau du puit, Paul à fait un feu, nous allons pouvoir faire une lessive!

Demain nous irons à Odessa qui se trouve à 30 ou 40 kms puis nous jeterons un œil aux bateaux et nous déciderons de la suite du voyage… Nous avons de la chance, les motards chez qui nous sommes, Neils et Liana sont adorables et Neils est réparateur de vélo…!!! Et vu sa connaissance, notre Pino devrait être comme neuf après un passage entre ses mains! Mais nous alons devoir changer quelques pièces…